Grand-mère guidant les mains d'un enfant sur la billig lors d'un atelier à Rennes
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Ateliers · Rennes

Quand les mains des grands-parents guident celles des enfants : nos ateliers à Rennes

Chaque samedi matin, notre section rennaise réunit deux générations autour d'une crêpière fumante pour transmettre bien plus qu'une recette.

Il y a quelque chose d'irremplaçable dans le geste d'une grand-mère qui place sa main sur celle d'un enfant pour lui montrer comment étaler la pâte de blé noir sur le bilig. Ce n'est pas une technique que l'on peut vraiment apprendre sur une vidéo. C'est un savoir corporel, transmis par le toucher, par l'odeur, par la patience partagée. C'est exactement ce que nos ateliers intergénérationnels cherchent à préserver, samedi après samedi, dans notre local de la rue de Lorient à Rennes.

Depuis trois ans, l'antenne rennaise des Petits Cuisiniers de Tours accueille des enfants de 6 à 12 ans accompagnés de leurs grands-parents — ou de grands-parents bénévoles pour les enfants qui n'en ont pas à proximité. La matinée commence toujours de la même façon : les enfants arrivent en courant, les aîné·e·s posent leurs sacs avec ce calme mesuré qui leur est propre, et l'on se retrouve autour d'une grande table couverte de farine de sarrasin, d'œufs frais du marché des Lices, de beurre salé et de lait ribot. L'air, dès les premières minutes, prend cette odeur terreuse et douce du blé noir qui chauffe — une odeur qui, pour beaucoup de Bretons, évoque l'enfance mieux que n'importe quel souvenir formulé.

Nos bénévoles — pour la plupart des retraité·e·s eux-mêmes — animent les séances avec une pédagogie simple : on ne corrige pas, on montre. Si la pâte d'un enfant est trop épaisse, son grand-parent prend une louche supplémentaire et la verse lentement, en commentant à voix basse. Cette douceur dans la transmission est au cœur de notre philosophie. Nous ne voulons pas d'un cours de cuisine scolaire ; nous voulons recréer le cadre de la cuisine familiale, avec ses imperfections, ses fous rires et ses galettes un peu trop dorées.

En parallèle à la confection des galettes, les enfants préparent également un cidre doux sans alcool aromatisé à la pomme et à la cannelle, que nous appelons en interne notre « cidre des petits ». Cette boisson — légèrement pétillante, servie dans de vraies bolées en grès — donne aux enfants le sentiment de participer à un rituel authentique, sans les exclure pour des raisons d'âge. Voir un enfant de huit ans tendre fièrement sa bolée à sa mamie avant de trinquer ensemble, c'est l'une des scènes qui nous rappellent pourquoi nous faisons ce travail.

Chaque session accueille entre douze et seize participants. Nous veillons à maintenir un ratio proche d'un adulte pour deux enfants afin que chaque duo puisse travailler à son rythme. Les binômes ne sont pas toujours des paires biologiques : certains enfants viennent avec une voisine âgée, d'autres sont jumelés avec l'un de nos grand-parents bénévoles. Ces rencontres inattendues produisent parfois les liens les plus forts. Une de nos bénévoles, Marguerite, 74 ans, nous a confié qu'elle attendait « son » groupe d'enfants avec autant d'impatience qu'une sortie en famille.

Si vous souhaitez inscrire votre enfant ou proposer votre temps comme grand-parent bénévole, nos portes sont ouvertes. Nous croyons fermement que la cuisine bretonne n'est pas un musée — c'est une langue vivante, qui se parle entre générations, avec les mains dans la farine et le sourire aux lèvres.

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